PeSSaH: « Tu raconteras à tes enfants

 


Haggada signifie “récit”. Pessah est une fête spéciale où la mitsva principale en dehors de l’obligation de consommer de la matsa (pain azyme ou pain de misère) est de nous souvenir et de rappeler la Sortie d’Egypte et tous les miracles et prodiges qui ont entouré la fin de l’esclavage et l’acquisition de la liberté.

Ce devoir de remémorer  est un commandement positif si important que nous avons pour mission de ne pas attendre que nous soit posée la question mais d’aller au-devant.

Le premier paragraphe HA LAHMA ANYA est écrit en araméen car, l’hébreu n’était plus la langue parlée et peu de gens comprenaient la langue sacrée de plus les Babyloniens qui nous asservissaient comprenaient l’araméen et pas l’hébreu c’est la raison d’être de ce paragraphe cependant, au beau milieu de la phrase apparaissent les mots : LESHANA HABAA BIROUSHALAYIM  car il est écrit « cette année, ici (hashatahakha) » leshanahabaa (l’an prochain) deâreadeIsraël  (en terre d’Israël).

Tout au long du récit on parle de l’Egypte (mitsrayim) et c’est un mot que l’on peut lire autrement : métsarim, c’est-à-dire un endroit générant l’angoisse, un endroit  où l’on ressent l’étroitesse de manière aigüe.

Avant de poursuivre il convient d’expliquer ce qu’est ce pain de « misère » (lahmaânya). Ce pain n’a pas été seulement le pain consommé au moment de la sortie d’Egypte.

Il s’appelle misère non pas à cause de la situation économique des Juifs en Egypte car s’ils n’avaient que très peu d’argent ce pain  non levé était désigné par l’adjectif de misère parce que les Juifs vivaient dans la crainte, dans la douleur et surtout dans la détresse morale, où ils avaient le sentiment que leur souffrance restait sans réponse aussi dit-on que le peuple a crié (ויצעק) dont la valeur est 270 et ce cri a transpercé les Cieux : ער = 270.

C’est ainsi qu’il est écrit que D. S’est souvenu de Sa promesse aux Patriarches. En effet, le corps et même l’esprit, s’habituent petit à petit à la souffrance en franchissant tous les degrés à moins que ne soit dépassé le seuil d’intolérance et que la douleur devienne insoutenable jusqu’à ce que s’échappe le cri traduisant cette insupportabilité.

Ce pain non-levé était distribué par les Égyptiens aux esclaves hébreux pour deux raisons : d’une part parce qu’il n’était pas facilement digestible et qu’en conséquence, avec peu de « pain » les esclaves hébreux se sentaient sustentés et ils travaillaient durement de toute façon.

Les Hébreux consommaient du pain non-levé car ils étaient affamés et jusqu’à ce qu’ils arrivent à se fournir en farine et en eau ils cuisaient rapidement des galettes pour manger sans attendre.

Dès le premier soir  du premier « pessah », cette mitsva de rappeler et de raconter à nos enfants ce que D. fit pour nous, et nous le répétons chaque année afin que ne se « lèvent » pas d’esprits chagrins pour nier ce fait grandiose et historique.

Les quatre questions : MA NISTANA (en quoi se distingue cette soirée des autres soirs de l’année ? C’est ici la première fois que nous voyons ce chiffre 4.

Derrière ce chiffre 4 que nous allons retrouver dans la Haggada à plusieurs reprises, nous allons trouver des allusions  aux quatre éléments de la nature (eau, terre, feu, et vent) aux 4 directions (est, sud, ouest et nord), aux quatre niveaux d’acception de la Tora[1]et, également,  les 4 natures humaines, et, spécialement ici dans la haggada les 4 « discours »[2] de la Rédemption.

C’est d’ailleurs tout de suite après les 4 questions que la haggada  évoque les 4 fils : le hakham (le sage), le rashâ (l’impie), le tam (ou simple) et celui qui ne sait pas poser de question. 

PESSAH 5784: du Lundi soir 23 avril au Mardi soir 30 avril 2024 

Source de l'article : Jforum


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