Que s’est-il passé au moment du don de la Torah ? Le déroulement et la portée des événements au mont Sinaï (par Eli Landes) chabad.org
En l’an hébraïque 24481 (1313 AEC), le 6 (ou le 7 — voir la section « Les événements ») du mois de Sivan, D.ieu nous donna les Dix Commandements2 et, du moins dans leur principe,3 la Torah toute entière (le Pentateuque et les 613 commandements qu’il contient). Il ne s’agissait pas simplement de transmettre un recueil de traditions : D.ieu nous communiqua Ses lois divines, à étudier et à observer. Ce fut un tournant décisif de notre histoire, connu sous le nom de Matane Torah (« Don de la Torah »). Désormais, nous n’étions plus uniquement les descendants d’un grand homme nommé Avraham, ni simplement un peuple du Proche-Orient appelé Israélites. Nous devenions le peuple de D.ieu, choisi pour recevoir Sa Torah et en appliquer les lois. C’est ce moment fondateur que nous célébrons chaque année lors de la fête de Chavouot.
Esquissons maintenant un récit détaillé des événements entourant cette occasion historique.
Les événements
Trois mois après la sortie d’Égypte, les enfants d’Israël arrivent au mont Sinaï pour y recevoir la Torah. Voici un résumé du déroulement précédent le Matane Torah4 :
- 1er Sivan (Roch ‘Hodech) : Le peuple campe au pied de la montagne.
- 2 Sivan : D.ieu informe Moïse qu’Il souhaite non seulement transmettre la Torah, mais aussi ériger les Israélites en nation sainte, dévouée à l’accomplissement de Ses commandements. Le peuple accepte avec ferveur : « Tout ce que D.ieu dira, nous le ferons ».
- 3 Sivan : Moïse transmet la réponse à D.ieu. Puis, il annonce au peuple qu’il sera l’intermédiaire pour les Dix Paroles. Les Israélites demandent alors à entendre directement la voix divine.
- 4 Sivan : Moïse rapporte cette requête à D.ieu, qui y consent. Moïse ordonne au peuple de se préparer. (Les Sages débattent s’il leur fut enjoint de se préparer deux ou trois jours, ce qui entraîne une divergence sur la date du don : le 6 ou le 7 Sivan.)
- 6 ou 7 Sivan : Le moment solennel du Matane Torah.
Les Juifs se réveillent au son du tonnerre, des éclairs, et d’une clameur de chofar puissante. En s’approchant du Sinaï, ils le voient embrasé, surmonté d’un épais nuage. Saisis de crainte et de révérence, ils se rassemblent au pied de la montagne, tandis que Moïse gravit seul son sommet.
Dans ce cadre majestueux, D.ieu proclame les deux premières Paroles. Chaque déclaration divine est d’une intensité telle que l’âme du peuple s’envole. D.ieu les fait alors revenir à la vie.5 Après cela, le peuple supplie Moïse de recevoir les huit Paroles restantes à leur place. (Cela ne leur enlève rien : Moïse était si en harmonie avec la volonté divine qu’il était considéré comme la bouche même de D.ieu.6)
Ce qui fut donné, et comment
Bien que l’appellation « Don de la Torah » puisse laisser entendre que la Torah tout entière fut transmise ce jour-là, il n’en est rien. Seules les Dix Commandements nous furent enseignées ce jour-là, et encore, uniquement oralement. Les lou’hot — les tables — ne furent remises à Moïse que quarante jours plus tard.
La Torah fut transmise progressivementLe nom de Matane Torah demeure toutefois approprié, car il marque le début de la transmission de la Torah. Ce jour-là, D.ieu nous en a présenté les fondements. Ensuite, Moïse resta quarante jours sur le mont Sinaï à étudier avec D.ieu. Durant cette période, il reçut les règles permettant d’interpréter et de comprendre la Torah.7 Le Talmud affirme même que Moïse apprit toutes les interprétations futures de la Torah.8 Bien que cela soit impossible littéralement, il apprit les principes sur lesquels elles reposent, si bien qu’on considère qu’il les a effectivement reçues.9 Le reste de la Torah fut ensuite transmis par étapes, tout au long des quarante années passées dans le désert.10
Les Dix Commandements
- Croire en D.ieu.
- Ne pas attribuer de divinité à un autre que Lui.
- Ne pas prononcer le Nom de D.ieu en vain.
- Observer le Chabbat.
- Honorer son père et sa mère.
- Ne pas commettre de meurtre.
- Ne pas commettre d’adultère.
- Ne pas enlever (kidnapper).
- Ne pas porter de faux témoignage.
- Ne pas convoiter les biens d’autrui.11
Ce qui rend ce jour si important
Bien que le Matane Torah soit connu comme le moment où D.ieu nous donna Sa Torah à étudier et à observer, certains Israélites observaient déjà l’ensemble des commandements, de leur propre initiative, avant cet événement. Cela soulève la question suivante : qu’est-ce qui rend ce jour si fondamental ? Certes, auparavant, seuls quelques individus pratiquaient la Torah, et désormais tout le peuple y est tenu, mais cette évolution semble uniquement quantitative. L’importance conférée au Matane Torah suggère qu’il nous a été octroyé ce jour-là quelque chose d’essentiellement nouveau.
Deux éléments ont changé ce jour-là. Le premier est la nature de notre lien avec D.ieu. Avant le Matane Torah, l’accomplissement de la Torah par les patriarches procédait uniquement de leur volonté propre. Leur relation à D.ieu était donc limitée à leur compréhension et à leur ressenti. Mais au Matane Torah, D.ieu lia Son Essence même à la Torah et nous la donna.12 Dès lors, quiconque accomplit une mitsva s’attache à l’Essence de D.ieu, indépendamment de ses capacités intellectuelles ou spirituelles.13
Le second changement concerne l’impact de la Torah sur le monde. Avant le Matane Torah, Torah et mitsvot étaient des réalités exclusivement spirituelles, sans prise sur la matière. Mais ce jour-là, D.ieu transforma cette réalité : la Torah et les Mitsvas pouvaient dorénavant avoir un impact sur le monde matériel. Ainsi, il est désormais possible de prendre la peau d’une vache, d’en confectionner des téfiline, et ces téfiline deviennent saintes.14
C’est pour ces deux raisons que Maïmonide enseigne que nous accomplissons aujourd’hui les mitsvot non parce que nos ancêtres les ont pratiquées, mais parce que D.ieu nous les a ordonnées au mont Sinaï.15
Les Dix Commandements
- Croire en D.ieu.
- Ne pas attribuer de divinité à un autre que Lui.
- Ne pas prononcer le Nom de D.ieu en vain.
- Observer le Chabbat.
- Honorer son père et sa mère.
- Ne pas commettre de meurtre.
- Ne pas commettre d’adultère.
- Ne pas enlever (kidnapper).
- Ne pas porter de faux témoignage.
- Ne pas convoiter les biens d’autrui.16
Ce qui rend ce jour si important
Bien que le Matane Torah soit connu comme le moment où D.ieu nous donna Sa Torah à étudier et à observer, certains Israélites observaient déjà l’ensemble des commandements, de leur propre initiative, avant cet événement. Cela soulève la question suivante : qu’est-ce qui rend ce jour si fondamental ? Certes, auparavant, seuls quelques individus pratiquaient la Torah, et désormais tout le peuple y est tenu, mais cette évolution semble uniquement quantitative. L’importance conférée au Matane Torah suggère qu’il nous a été octroyé ce jour-là quelque chose d’essentiellement nouveau.
Deux éléments ont changé ce jour-là. Le premier est la nature de notre lien avec D.ieu. Avant le Matane Torah, l’accomplissement de la Torah par les patriarches procédait uniquement de leur volonté propre. Leur relation à D.ieu était donc limitée à leur compréhension et à leur ressenti. Mais au Matane Torah, D.ieu lia Son Essence même à la Torah et nous la donna.17 Dès lors, quiconque accomplit une mitsva s’attache à l’Essence de D.ieu, indépendamment de ses capacités intellectuelles ou spirituelles.18
Le second changement concerne l’impact de la Torah sur le monde. Avant le Matane Torah, Torah et mitsvot étaient des réalités exclusivement spirituelles, sans prise sur la matière. Mais ce jour-là, D.ieu transforma cette réalité : la Torah et ses commandements purent dès lors influencer le monde matériel. Ainsi, il est désormais possible de prendre la peau d’une vache, d’en confectionner des téfiline, et ces téfiline deviennent saintes.19
C’est pour ces deux raisons que Maïmonide enseigne que nous accomplissons aujourd’hui les mitsvot non parce que nos ancêtres les ont pratiquées, mais parce que D.ieu nous les a ordonnées au mont Sinaï.20
Autres faits marquants
La vision produit une conviction profonde et durableLe miracle du tonnerre et des éclairs : Le Midrash21 rapporte une discussion quant à savoir si les enfants d’Israël virent le tonnerre et entendirent les éclairs, ou s’ils virent les éclairs et entendirent le tonnerre. La première opinion semble décrire un phénomène extraordinaire sans conséquence, tandis que la seconde paraît parfaitement naturelle. Pourtant, chacune d’elles révèle un sens profond. Voir une chose génère une conviction intime et indélébile, tandis qu’entendre reste plus abstrait et incertain. Notre rapport au monde matériel est immédiat — nous le voyons — alors que le spirituel est perçu de manière indirecte — nous l’entendons. Selon ceux qui affirment que nous avons vu le tonnerre, les révélations spirituelles furent si intenses que nous fûmes davantage en prise avec le spirituel qu’avec le physique. Pour les autres, c’est précisément notre ancrage dans le réel, notre reconnaissance de la divinité dans le monde matériel, qui nous fit conserver notre cap malgré la révélation divine.22
Voir ici pour une explication détaillée de ce miracle.
Pas d’écho : La voix de D.ieu ne produisit aucun écho.23 La raison en est que la Torah imprégna l’univers dans son intégralité, ne laissant aucun obstacle à la propagation du son, et donc aucune surface sur laquelle le son aurait pu rebondir.
Soixante-dix langues : La voix divine se fit entendre dans les soixante-dix langues parlées à l’époque.24 Ce miracle, outre son utilité évidente de permettre à toutes les nations d’entendre le message divin, porte également une signification plus profonde. On pourrait penser que seules les Dix Paroles sont centrales. Le fait que D.ieu ait exprimé Sa voix dans toutes les langues vient souligner que même les sept lois noa’hides, qui s’adressent aux peuples du monde, font partie intégrante de la Torah.
Voir ici pour une analyse du miracle de l’absence d’écho.
Une montagne suspendue : D.ieu aurait, selon l’enseignement rabbinique, suspendu une montagne au-dessus du peuple pour leur imposer l’acceptation de la Torah.25 Cette image illustre la profondeur de l’attachement et de l’effroi ressenti par les enfants d’Israël. Face à la Révélation, il leur était impensable de dire non. L’acceptation fut donc totale, comme si une montagne pesait au-dessus d’eux.
Voir ici pour une explication approfondie de cet enseignement.



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