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Qu’est-ce que le Dérekh Érets ? (par Ye’hezkel Posner) chabad.org

 

 Illustration par Sefira Lightstone
 
 

dérekh érets nom. 1. Littéralement, « la voie de la terre » 2. Être un mentsch respectueux 3. Une manière éthique et responsable de vivre 4. La façon commune de se comporter ou de parler 5. Gagner sa vie 6. L’intimité entre un mari et sa femme

 

Le terme hébreu dérekh érets se traduit littéralement par « la voie de la terre ». Il désigne soit ce que les gens ont tendance à faire, soit ce qu’ils devraient faire.

 

Dans le langage courant, dérekh érets signifie agir avec dignité et respect, particulièrement envers les parents, les aînés et les enseignants. C’est un principe juif ancien, mais cela ne semble pas correspondre au sens traditionnel du terme.

 

Examinons quelques usages spécifiques du terme dérekh érets dans les écrits des sages.

 

Être humble comme D.ieu

Avant que D.ieu ne crée Adam, le premier homme, Il dit aux anges : « Faisons l’homme. » Pourquoi D.ieu n’a-t-Il pas dit « Je ferai l’homme », puisqu’Il n’avait manifestement pas besoin d’assistance ? Rachi, le grand commentateur biblique, explique qu’Il le fit « pour enseigner le dérekh érets et la vertu d’humilité : une personne importante devrait consulter une personne de moindre importance et recevoir sa permission ».1

 

Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier

Lorsque les rabbins du Talmud tiraient des conseils financiers ou domestiques de la Torah, ils disaient souvent que « la Torah nous enseigne le dérekh érets ».

 

Par exemple, quand Jacob s’apprêta à rencontrer son frère Ésaü après des années de conflit, il était très inquiet. Il prépara donc sa famille et ses biens pour la guerre, divisant les gens qui l’accompagnaient ainsi que ses troupeaux en deux camps, disant : « Si Ésaü attaque un camp, l’autre pourra s’enfuir. »2

 

Le Midrash en tire la leçon suivante : « La Torah nous enseigne le dérekh érets — qu’une personne ne devrait pas placer tout son argent en un seul endroit. »3

 

Travailler pour gagner sa vie

Travailler pour gagner sa vie est souvent désigné par le terme dérekh érets. Un exemple tiré de la Michna : « Rabbi Gamliel, fils de Rabbi Juda le Prince, disait : “Belle est l’étude de la Torah qui s’accompagne du dérekh érets, car l’effort consacré aux deux fait oublier le péché.” »4

 

L’intimité

L’intimité physique entre un mari et sa femme est parfois appelée, par euphémisme, dérekh érets. Un exemple classique se trouve dans la Haggada de Pessa’h, où elle fait référence à la séparation entre les hommes et les femmes israélites en Égypte comme « la séparation du dérekh érets ».

 

La nature humaine

Le dérekh érets peut aussi désigner ce qui relève simplement de la nature humaine. La Torah relate que Isaac fut consolé après la mort de sa mère en épousant Rebecca. Rachi explique : « C’est le dérekh érets que tant que la mère d’un homme est vivante, il lui est attaché ; dès qu’elle meurt, il trouve du réconfort auprès de sa femme. »5

 

Le langage courant

Nous lisons dans la Torah que Jacob dit à son frère Ésaü : « J’ai acquis un bœuf et un âne. » Il est étrange qu’il emploie le singulier alors qu’il possédait de nombreux bœufs et ânes. Rachi commente que « c’est le dérekh érets que d’appeler plusieurs bœufs “bœuf”. De même, une personne dit à son compagnon la nuit : “Le coq a chanté.” Et non “Les coqs ont chanté.” »6

 

Un traité dans le Talmud

Sous la rubrique générale du dérekh érets, les sages mettent en garde contre la suralimentation,7 le fait de manger trop vite,8 ou de fixer quelqu’un qui mange.9 On ne devrait pas non plus parler trop fort10 ni trop longtemps,11 et il convient de saluer les gens aimablement.12 De même, une personne dotée du dérekh érets veille à ne dépenser que ce qu’elle peut se permettre.13 Pour élever des enfants avec du dérekh érets, il est important de ne pas les gâter en les habituant aux mets raffinés.14 En général, avoir du dérekh érets signifie vivre de manière éthique, responsable et digne, en faisant preuve d’attention envers autrui.

 

Le dérekh érets est si important qu’il existe un traité mineur du Talmud intitulé « Dérekh Érets » qui lui est entièrement consacré. Ce traité est divisé en deux parties. La première, appelée « Grand Dérekh Érets », traite du mariage, de la pudeur, de l’hospitalité, de l’étiquette et de l’éthique. La seconde, « Petit Dérekh Érets », est un guide plus spirituel, contenant des instructions destinées surtout aux érudits de la Torah.

 

Un prérequis

Le Talmud déclare que le dérekh érets est un prérequis à la Torah.15 Pour absorber et comprendre pleinement la Torah, on doit avoir des bases solides. Posséder les habitudes du dérekh érets est essentiel pour entretenir de bonnes relations et mener une vie stable en tant que Juif.


Source de l'article : (par Ye’hezkel Posner) chabad.org 

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